Le clonck, dix ans après…
Par romaric, mardi 17 janvier 2006 à 00:00 :: La Pêche :: #5 :: rss
Une décennie d’utilisation du clonck nous donne aujourd’hui le recul suffisant pour dresser un bilan en demi-teinte. Force est de constater que la technique est moins rentable qu’à ses débuts. L’intensification des dérives sur les meilleurs postes y est pour beaucoup, elle a rendu les glanes un peu moins naïfs et jette peut-être les bases d’une nouvelle ère, celle du clonckage raisonné… Y aurait-il une manière de « clonker utile » ?

Dès 1994, certains se sont tournés vers l’Est pour comprendre comment les pêcheurs de ces régions abordaient la pêche du silure. Le clonck « redécouvert » fut assimilé à « une arme fatale ». En 1995, la technique de choc consistait à laisser dériver son bateau à la verticale d’une fosse en dandinant une grappe de vers ou un vif. Au son du clonck sur la surface de l’eau, les silures, surexcités, passaient farouchement à l’offensive.

Les premières années furent celle du rendement. J’ai pratiqué toute sorte de pêche assez longtemps dans le val de Saône pour m’apercevoir, et ce, surtout dès 1997, que les pêcheurs de silure dégainaient leur clonck à tout va. Lorsqu’on pêche en statique, on a tout loisir d’observer le défilement des équipes…

I. Le clonck ne fait pas tout
Un curieux manège se répétait: en une matinée, deux à trois équipes effectuaient les mêmes dérives, visitaient les mêmes postes et clonckaient aux mêmes endroits. Autant vous dire que les silures avaient compris ce qui se tramait au-dessus d’eux. Sur ces parcours, les résultats du bord, à l’aide de gros vifs comme des carassins de 500 grammes ou des tanches de plus d’un kilo donnaient et donnent encore de très bons résultats. Ne nous voilons pas la face, le clonck ne saurait être une technique à utiliser systématiquement, il est plutôt un allié à ne sortir qu’au cas où les glanes se montreraient totalement boudeurs. De nos jours, lorsque l'échosondeur indique la présence de glanes entre deux eaux, il est presque vain de marteler la surface... Aujourd’hui, l'utilisation du clonck devrait donc être beaucoup moins systématique... même si ses plus fervents supporters ne conçoivent pas une sortie sans cet outil de pêche.
II. Clonck en hiver
Que penser de l’efficacité du clonck en eau froide par exemple ? Certains pêcheurs pratiquent uniquement au posé, souvent à raz des fosses, dès que l’eau chute sous douze degrés. Pourtant le clonck reste très opérant même en fin de saison ! Il faut simplement faire preuve d’un peu de bon sens car les pêches d'automne et d'hiver ont leurs propres spécificités. En effet, les poissons, engourdis par le froid, remontent moins vite sous le bateau. Leur métabolisme ralenti doit être pris en compte : il faut éviter les dérives trop rapides. Souvent, les silures fréquentent moins les couches d’eau supérieures. Ils sont prêts à vous faire une fleur en montant de quelques mètres, à condition que votre leurre soit à leur portée ! En maîtrisant votre dérive et en pêchant précisément, vous pouvez prendre des glanes dans une eau à 6 degrés. Le clonckage en lui-même n’est donc pas incompatible avec la pêche en eau froide. Tout dépend de ce que vous en faites.
III. Secteurs « surclonckés »
C’est une réalité, les secteurs très « frappés » en surface produisent sensiblement moins d’attaques que pendant les « années folles » de 1994 à 1997. Importé en France et propagé dans toute l’Europe au milieu des années 90, le clonck a contribué à l’émergence de nombreux pêcheurs spécialisés dans la traque du silure. Ces mêmes pêcheurs ont réalisé des tableaux de poissons tels que les populations en ont été un peu secouées. Sur la Saône, puis sur le Rhône et plus tardivement dans les autres grands fleuves d’Europe, les premiers arrivés furent les mieux servis. Pêcher 15 glanes dans la matinée était monnaie courante. Encore aujourd’hui, il peut arriver (mais c’est plus rare) que les silures soient comme fous et qu’ils se ruent sur tout ce qui bouge en plein cœur de Lyon ou de Paris. Ainsi, il est encore possible de faire des cartons, même sur des secteurs sur-pêchés ! Cependant, ne nous trompons pas, la tendance profonde n’est plus à l’euphorie des premières années. Ce se sont logiquement les plus petits glanes qui se laissent piéger sur les secteurs traditionnellement pêchés. Pour séduire les gros poissons, à priori plus méfiants, il faudra la plupart du temps ranger votre clonck dans votre boîte de pêche et tenter une approche plus en finesse, en dandinant par exemple un petit poisson devant la gueule du glane convoité, repéré sur l’écho. Dans bien des cas, une première dérive sans clonck est à tenter, quitte à recommencer en clonckant si cela ne bouge vraiment pas. Mieux vaut être prudent car les « gros briscards » se méfient sûrement de bien des ondes : celles de la sonde, celles du clonck, celles de la coque, des bruits du bateau…
IV. La profondeur idéale
Beaucoup se sont posés la question : quelle est la profondeur optimale pour utiliser le clonck ? Le clonck est utile pour prospecter de grandes étendues profondes, en général aux heures les plus défavorables à l'activité des silures. Concrètement, c’est une technique plutôt faite pour aborder des profondeurs supérieures à 5 m. C’est pourquoi il est difficile d’obtenir des résultats en petite rivière. Une alternative intéressante consiste à utiliser une petite pastille (extrémité du clonck) avec des coups « légers », ce qui donne des résultats sur les faibles profondeurs. Dans si peu d’eau, une dérive « clonckée » classique peut probablement mettre les poissons en fuite. La technique s’inscrit dans un schéma de pêche très « vertical », ce qui la prédestine à faire décoller les poissons des grands fonds. Ils remontent à la recherche de la source sonore sans que l’on puisse dire avec exactitude comment ils traduisent ce signal. Le bruit unique du clonck se propage dans l'eau à 1500m/s et agit sur les poissons jusqu’au fin fond des fosses, qu’elles fassent 5 ou 25 mètres. Il permettra, les bons jours, de faire suivre les poissons pendant un moment dans la dérive, juste sous l'embarcation, offrant au pêcheur la possibilité de présenter plusieurs appâts, jusqu'à, peut être trouver la bonne combinaison...
V. Fin du phénomène de foire
Comme vous l’avez peut être remarqué, le glane est un chasseur très curieux. Son caractère opportuniste le fait parfois monter sous la barque en 3 secondes. Cela peut être du aux vibrations de la coque comme aux pulsations envoyées par la sonde. Dans ce cas de figure où le silure est hyperactif, le clonck est bien sûr inutile. Cette technique semble désormais s’orienter de plus en plus vers une utilisation parcimonieuse consistant à exciter quelques irréductibles poissons collés sur le fond. Souvent, votre connaissance de l’environnement vous dissuadera peut être de cloncker, au privilège d’une approche plus délicate à l’aide d’un petit poisson habilement manié. Il y aura toujours de nouvelles pratiques de pêche du glane à inventer. Le clonck, aujourd’hui descendu de son piédestal, est certainement un bon accessoire de pêche à utiliser avec plus de discernement… à défaut d’être « une arme fatale ». Employé tous azimuts, il ne crée pas forcément l’effet escompté sur les silures et peut produire sur certains sujets habitués un effet carrément répulsif.
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Ce jour là, en 8 heures de pêche sur le Rhône avec Xavier, nous avons pris une douzaine de poissons, dont 50% au clonck. Celui ci, d’1,85m à engamé une présentation basique : une grappe d’encornets et de vers canadiens. Le clonk a superbement énervé ce poisson. En une fraction de seconde, nous l’avons vu arriver dans le cône de la sonde, c’était déjà l’attaque ! Il a donc parfaitement répondu à cette technique. Utilisé à bon escient, le clonck est encore efficace en 2006.
Olivier se gave de poisson en Seine ! Le clonck marche à peu près de partout, surtout sur des rivières moins pêchées. Car plus il est utilisé, moins il est opérant. Il est donc logique de se tourner toujours vers de nouvelles rivières. En Saone, Rhône, et dans bien des rivières d'Europe, les pionniers ont réalisé des « massacres ». Puis est venue l’ère du clonckage raisonné : le clonck ne faisait plus toute la pêche ! Les pêcheurs "de circonstance" abandonnaient la partie, alors que les plus passionnés, faisaient sans cesse évoluer leur pêche vers des approches inventives.
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vidéo (durée 1:52): Clonck en action (Xavier 90 Italie)
vidéo (durée 4:29): Silure pêché au clonck (Xavier 192 Lyon)
- Romaric

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