La Reproduction du Silure
Par romaric, jeudi 29 juin 2006 à 18:00 :: Le Silure :: #14 :: rss
Transmis par Marc Roiron
Plusieurs études tendent à prouver que le silure se reproduit naturellement dans les milieux qu’il a colonisé. L’échelle des tailles nous le confirme par des individus dont les dimensions s’échelonnent de 0,60m à plus de 2 mètres (Seille-Saône).

Les silures sortent de leur période de léthargie où ils sont regroupés sur le fond de la rivière, dans les fosses les plus profondes (10m à 24m) où l’eau est la plus chaude. Une migration de pré-frai a lieu à partir de ces aires d’hivernage quand la température de l’eau atteint 8 à 10°C, fin Mars-début Avril. Dans la Seille et la Saône, ils commencent à frayer lorsque l’eau est à un minimum de 18 à 20°C, dans certaines région, voire même 22°C. Il est nécessaire que la température de l’eau ne chute pas au dessous de 18°C la nuit. Cette période se situe de mi-juin jusqu’à mi-juillet. Le taux de croissance a une importance sur l’âge de la maturité sexuelle des poissons. En général, les mâles arrivent à maturité dans leur 3ème ou 4ème année. Les femelles sont plus tardives et ce n’est que vers leur 5ème ou 6ème année, pour une longueur environ de 60 à 65cm que l’on observe le phénomène. Certaines même, dont le taux de croissance est très faible, n’atteignent la maturité sexuelle qu’à l’âge de 7 ans. Les mâles récoltent des racines et des herbes aquatiques sur les bordures et commencent à construire un nid primitif qu’ils nettoient par de vigoureux mouvements de leur queue quelques jours avant le frai qui a lieu généralement la nuit.
Au moment du frai, il y a compétition pour les frayères et les mâles développent une grande agressivité. Les blessures occasionnées peuvent alors être importantes. L’activité reproductrice est déclenchée par une chute soudaine de la pression barométrique. Le frai est un processus très dynamique: avant l’ovulation, la femelle danse au dessus du nid, suivie par le mâle, les corps des poissons sont enroulés, le mâle tournant autour de la femelle. Et appuyant sur son ventre pour provoquer l’expulsion des ovules. Simultanément le mâle éjecte du sperme qui les féconde immédiatement. Une partie des œufs fécondés se collent sur les racines dans le nid. Le reste tombe sur le fond et périt. Les femelles pondent en moyenne 30000 oeufs par kg de poids. Ces œufs ont un diamètre de 1,9 à 3 mm. La grosseur des œufs dépend du stade de développement des gonades, de la taille et de l’âge du poisson et de sa propre condition. Leur couleur est jaune verdâtre, ils sont très adhésifs. Ils sont surveillés par le mâle durant toute la durée d’incubation qui est de 140 degrés jours (7 jours à 20°C). Le mâle assure la ventilation de ses œufs par de constants mouvements de la queue pour renouveler l’oxygène.
Le 2ème jours les embryons commencent à bouger. L’épaisseur de la paroi de l’œuf diminue progressivement grâce à « un enzyme d’éclosion » dont l’activité est stimulée par des bactéries de la décomposition des protéines présentes dans l’eau. Si celles-ci sont trop actives, il est possibles que des larves éclosent en n’ayant pas atteint leur développement. Incapables de nager, elles se fixent au nid par un filament sécrété par une glande située dans la tête. Si ce filament se rompt, les larves tombent au fond et meurent. Quand les alevins commencent à nager (3 à 4 jours après l’éclosion), le mâle abandonne le nid. Les alevins sont noirs, mesurent 7mm et ressemblent à des têtards. Ces alevins commences à s’alimenter très rapidement (5 à 7 jours après l’éclosion) à partir de nourriture vivante : petits vers, chironomes, larves d’insectes, petits crustacés. A ce stade, les alevins nagent très lentement et restent en groupe: cela a pour conséquence une forte mortalité du fait des prédateurs (grenouilles, poissons carnassiers, carpes adultes). Leur survie dépend aussi beaucoup du milieu: biotope et qualité bio-chimique de l’eau. Les pertes occasionnées lors de la première année sont très importantes: jusqu’à 95%. Craignant beaucoup la lumière, les alevins se tiendront à l’abri : nénuphars, herbes aquatiques. Le silure est donc un poisson lucifuge.





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