Pêcher le Silure en Hiver
Par Esox Stradic, lundi 19 novembre 2007 à 15:51 :: La Pêche :: #47 :: rss

Difficile mais pas impossible, la pêche en hiver peut permettre plusieurs prises sur un même lieu en très peu de temps!
Comme beaucoup de pêcheurs, je rangeais (avec quelques regrets) mes cannes à Silure une fois l'hiver venu. Les résultats n'étant pas bons, je me retournais vers d'autres carnassiers en attendant l'année suivante pour traquer à nouveau les moustachus. Il m'arrivait souvent de me dire qu'il est peu probable que les silures ne s'alimentent plus du tout dans ces eaux froides qu'ils n'affectionnent pas...alors ?
Comment les prendre ?
Le 27 Octobre, une dernière rencontre du Team SGT sur Châlons sur Saône a été organisée par EPV et Aspe. L'eau était à 9° et elle était si limpide que nos leurres pouvaient se voir à environ 4 mètres. Peu de membre se sont risqués a faire cette partie, pourtant une quinzaine d'entre nous voulaient y croire encore une dernière fois avant d'abdiquer.

Au cours de la partie nous attendions tous que l'un ou l'autre des équipages prenne enfin un silure afin de savoir si oui ou non, nous avions une chance. Malheureusement, personne ce jour-là n'a reussi à en faire mordre un seul !

(La seule prise de la journée!)
Je me disais comme d'autres: "ce ne doit pas être de notre faute, les silures ne sont pas actifs, en plus ils sont surpêchés dans ce secteur" ect...ect...
Après ce samedi infructueux, je restais sur ma faim surtout après avoir fait tous ces kilomètres. Je me disais en chemin qu'il y avait certainement quelque chose à faire pour y arriver! Fort heureusement pour moi, j'avais rendez-vous le lendemain sur Lyon avec Xavier Vella. Il me restait alors une chance de voir comment il faut procéder pour les décider.

Pour Xavier aussi la pêche du silure en Hiver n'a pas été toujours sans difficultés, mais à force de tenacité, il a sû s'adapter au comportement des silures durant cette période.
C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai pris place dans son Carolina Skiff en me rappelant que de grande personnalité de la pêche avaient pris place au même endroit bien avant moi. Je pensais également au nombre de silures qui avait été hissé à son bord et je dois dire que j'espérais beaucoup en mettre un au sec moi aussi!
Nous avons discuté un peu et j'ai remarqué que Xavier faisait très attention à mon récit sur la pêche de la veille. L'eau sur le Rhône était certes plus chaude (13.5 contre 9° à Châlons), Xavier décida de visiter les fosses hivernales dès le départ.
Il m'expliqua que les silures se rassemblent et pris l'exemple d'un seau plein d'eau qu'on laisserai dehors par temps de gel. Il est clair que celui-ci gel également. Par contre si on enterre ce même seau, il ne gèle plus aussi facilement. C'est ce que provoque les cuvettes au fond de l'eau, elles sont elles aussi, enterrées via une fosse et les poissons y trouvent un refuge thermique intéressant. Ces cuvettes ne sont parfois pas très grandes atteignant quelques mètres carré tout au plus. La difficulté réside alors à les trouver mais surtout à savoir y revenir précisément à chaque passage!
En arrivant sur l'une de ces fosses, Xavier plaça le bateau de façon précise. Connaissant son secteur par coeur il me dit: "Je prends tel point de repère et si ils sont là nous le saurons très vite grâce au sondeur!"...
Les yeux rivés sur son 777c, un épais brouillard commença à se dessiner. A l'intérieur de celui-ci, se mèlent petits et gros poissons, quel bonheur pour les yeux! Les plus gros forment un trait épais de couleur rouge...tous sont entassés les uns au-dessus des autres!

(Pour les novices: 2.6m de hauteur de poisson si vous regardez bien! De 11.3 à 13.9m)

Xavier installa un vif (250gr environ) et sans perdre un instant fit descendre son montage. Première descente et TOUCHE! un silure de 140 cm, ça démarre plutôt bien!

Je venais de passer la veille environ 8 heures a essayer d'en prendre un, et rien! Avec lui, 30 secondes de pêche et déjà une bagarre, hallucinant non? Je n'ai même pas eu le temps de monter une canne...Si ce n'est pas du talent je ne m'y connais pas!

Si vous voulez pêcher le silure en hiver, il vous faudra prospecter longuement avec votre sondeur. Une fois les poissons localisés et après avoir mis des points de repères efficaces, il est alors possible de faire une très belle pêche!
Rien ne sert de mettre sa ligne à l'eau avant car même avec un bon clonk, ils ne se déplaceront pas jusqu'à vous.
C'est en faisant preuve de précision, et en amenant un vif "sur un plateau" qu'ils se décideront à ouvrir la gueule. La preuve étant que nous avons pris 7 poissons (105,2x120,130,2x140,181 cm) au même endroit en 3 heures. A peine s'étaient-ils dispersés un peu suite aux nombreuses bagarres que nous avons menés.
Nous avions à nous deux toutes les espèces de vifs possible, petit ou gros aucune différence! Je pique le plus beau au fireball équipé d'un carpillon frétillant alors que notre plus petit silure se prendra avec un gros vif. Nos montages étaient ceux utilisés habituellement, 150 ou 200 gr de plomb avec un triple de 3/0 pour Xavier, un plomb fireball de 21gr avec un rajout de 30 plus un triple de 1/0 ou 1 pour moi. Ils n'ont pas fait la différence sauf peut-être sur l'utilisation de poisson mort ou vivant.
Chose non surprenante, deux d'entre eux avaient une trace de morsure bien visible.

Sans doute la cohabitation n'est elle pas toujours choisie mais reste un besoin de survie. Ils avaient également des traces de vase sur le ventre, prouvant qu'ils stagnent longtemps sur le fond en cette période.

En conclusion, l'hiver peut se révéler fort intéressant pour les pêcheurs qui savent être patient et qui savent bien utiliser leur sondeur. Il faut beaucoup plus de précision qu'en été et savoir prendre un repère qui permet de localiser l'endroit exact où ils se tiennent, ce secteur est souvent très petit, il est alors facile de perdre leurs traces.
Alors messieurs, à vos cannes!

Photo: Kenny71
La Zone d'Ombre
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